Aide à domicile, un métier difficile peu reconnu et valorisé. Témoignage

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Face aux difficultés rencontrées par les associations d’aide à la personne, une aide à domicile, exerçant son travail en milieu rural, nous fait part de ses inquiétudes et de son désarroi dans le cadre de l’exercice quotidien de sa profession peu reconnue et valorisée, mais pourtant devenue indispensable.
Il faut savoir également qu’en France il est de plus en plus difficile de trouver du personnel qualifié pour s’occuper de personnes en perte d’autonomie, et par conséquent aider les familles dans la prise en charge de proches dépendants.

On devient aide à domicile ou auxiliaire de vie parce qu’aider les plus faibles est important, voire vitale pour nous.

Pourtant, depuis quelques temps, nous ne pouvons plus aider correctement faute de moyens.

Nos associations ne sont plus aidées par les départements ou par l’état, les obligeant à avoir une toute autre gestion et approche de l’aide à domicile.

Nous ne travaillons plus auprès d’usagers mais nous avons désormais des clients.

Une simple appellation qui change et c’est tout notre métier qui est bouleversé.

Lorsque nous intervenons chez un usager, nous sommes là pour son bien-être, quand nous travaillons chez un client, nous devons être rentable pour notre entreprise.

Ce n’est pas comme cela que je conçois mon métier.

Aujourd’hui, une heure d’aide à domicile coûte au minimum 20,00 euros. Je connais de nombreuses personnes qui ne sont plus aidées correctement faute de moyen. Nous ne pouvons plus exercer notre métier correctement: adieu les promenades, les visites au cimetière, les moments d’échanges ou autres moments de bien-être, dont chacun devrait pouvoir bénéficier. Nous ne sommes plus que des “ersatz” d’aides soignantes ou des femmes de ménage.

Il est très difficile d’expliquer aux personnes aidées que sur ces 20,00 euros minimum, à peine 9,00 euros sont reversés à la personne qui les aide à vivre.

Et oui, nous sommes, diplômées ou non, payées à peine au dessus du SMIC. Sachant qu’aucune d’entre nous ne travaille en plein temps, nous ne pouvons pas vivre de notre métier.
Beaucoup d’entre nous, cumulent les petits « travails » en chèque emploi service ou autre pour pouvoir vivre.
Compte tenu des temps de déplacement entre deux domiciles, nous sommes contraintes de travailler 6 voire 7 jours par semaine.

Il est a noter au passage, que les kilomètres entre deux interventions nous sont payés 0,35 euros du kilomètre. Je ne sais pas, si nous devons rire ou pleurer quand nous connaissons le prix du carburant.

Mais laissons un moment les problèmes d’argent de coté, pour parler de notre métier à proprement parler.

Nous aimerions que notre métier soit mieux défini.

Sur le terrain, il n’y a aucune différence entre aide ménagère, aide à domicile et auxiliaire de vie.
Je m’explique.
Une personne non qualifiée peut sans problème être envoyée pour la toilette d’une personne grabataire ou pour aider une personne Alzheimer, pendant qu’une personne ayant un diplôme d’Etat d’auxiliaire de vie va aller faire du ménage chez une personne en GIR5.

D’autre part, il semble que les aides à domicile, au sens large du terme remplacent de plus en plus les aide-soignantes.
Cela veut dire une prise en charge, plus risquée pour la personne (nous n’avons pas de connaissances médicales) et une charge financière plus élevée pour la personne aidée (les services de soins sont financés par la sécurité sociale, les services d’aide par les « clients ».

Pour terminer, nous aimerions que notre métier soit connu et reconnu.

Nous avons des responsabilités importantes, nous travaillons seules et nous devons et savons pallier à toutes sortes d’imprévus.
Donc, lorsque nous nous entendons appeler femme de ménage, bonne, … nous avons bien du mal à accepter.
Nous sommes pourtant nombreuses à exercer ce métier, pourtant rare sont les personnes qui connaissent notre mission.

Une aide à domicile en milieu rural

15 Commentaires

  1. bien résumé, tout à fait ça !!

    • Je suis entièrement d'accord avec ce que je viens de lire !!!!il serait très important que les mentalités change par rapport a notre métier et qu'on soit beaucoup plus valoriser !!! j'ai hâte !!!

    • Bonjour,
      Je suis aujourd'hui en formation pour devenir équithérapeute (utilisation du cheval en thérapie pour des publics en difficicultés). Pour mon mémoire je souhaite m'intéresser à la prise en charge en équithérapie des aides à domicile, et donc "donner du soin à ceux qui en donnent". Pour cela, j'ai besoin d'un maximum de réponses à mon questionnaire, qui me permettra d'identifier les difficultés rencontrées au quotidien sur le terrain par les aides à domicile, et j'ai donc besoin de vous et des personnes autour de vous susceptibles de pouvoir y répondre. Merci beaucoup d'avance. Marie-Sophie H

      http://goo.gl/forms/9aY6b44xas

    • je fais une enquête sur les professionnelles de l'aide à domicile. N'hésitez pas à répondre à mon questionnaire:
      https://docs.google.com/forms/d/1qhFfRVMhohx6J7eEAWl05-7hIxGkkDbdyDeNfGvP5qo/viewform

    • Je suis tout anfait d'accord avec toi, notre travail n'est pas assez bien reconnu, on devrait être mieux payé et puis le carburant bien-sûr, heureusement qu'il y a des personnes comme nous sinon beaucoup de personnes se retrouverait en maison de retraite ou seule, nous, nous fesons tout pour qu'elles restent le plus longtemps possible dans leur maison. J'espère que tout ça changera, je le souhaite de tout mon coeur.

  2. Il est exact que nous aimons notre métier, sans quoi nous ne l'exercerions pas, mais il faut apprendre à se préserver et savoir dire non aux demandes dépassant nos fonctions contractuelles.
    C'est une profession usante physiquement et psychologiquement où nous sommes livrés à nous-même dans un monde de productivité et de rentabilité, sans états-d'âme de la part des pouvoirs publiques.

    • bonsoir je pense comme vous dommage que les pouvoirs publique ne viennent pas une jounée avec nous et il verraient le sourire de certaine personne qui nous vois commme un rayon de soleil et se sente revivre apres une toilette ou un repas ou une sortie meme si cela deviens tres rare

  3. souvent on fait ce travail ci par obligation j'y suis arrivée par manque d'offres dans mon domaine le commerce j'ai hallucinée 7 personnes a s'occupé dans la journée je paye l'essence l'usure de la voiture qui n'est pas tt jeune certain clients riches magouille pour n'avoir que du ménage a fond on est d'accord avec des pièges (laisser trainé de l'argent mettre des objets sous les meubles pour voir si on a bien passer l'aspi ou alors des personnes agés qui voudraient simplement balader chose rare pour eux mais sous tutelles les enfants sont pas d'accord il vos mieux faire du ménage en fait niveau salaire en déduisant les frais d'essence net 7 euros 26 et le week end majoré a 25% ouah a peine 9 euros si quelqu 'un peut faire du bénévolat rendez vous a la croix rouge

  4. bonjour a tous,je confirme ayant fait une formation A.D.V.F (assistante de vie aux familles) aucunement reconnu, oui il faut aimer son métier pour tenir,malheureusement je trouve que l'on ne tape pas asser du point pour que ce métier bouge,faisont ne serait ce que un ou deux jour devant la porte de notre entreprise en faisant venir les médias !!! juste pour faire un clache et alerté notre mécontentement,personnellement il faudrait bougé !!!!! mais seule et un par un rien ne changera !!! bon courage a tous

  5. Ancienne travailleuse familiale,en tant que formatrice j'ai fait une recherche sur le secteur et je me bats pour que votre métier soit reconnue. J'ai un projet pour essayer de vous représenter et j'aimerai bien vous le soumettre, pour que vous me donniez votre avis et votre accord.
    L'aide à domicile est un métier et la confusion établie entre le "prendre soin" et la domesticité est scandaleuse. Peut-être est-il possible d'agir en misant sur la solidarité. Si vous êtes intéressé, n'hésitez pas à me joindre francservice@gmail.co

  6. Je suis entièrement d'accord avec tout ce que je viens de lire.
    Chez nous le kilomètre est remboursé 0.12 centimes certes de notre domicile au bénéficiaire mais ça pas assez, sachant que je peux faire jusqu'à 800km par mois et parfois beaucoup plus, sans compter le temps passé dans cette putain de voiture (pas toute jeune)qui n'est pas assez payé...

    Les plannings parfois donnés 2 jours avant la fin du mois. pas simple pour organiser sa vie privée (seule avec 2 enfants).....

    Il est claire qu'il faut que ça change ......Mais comment faire??? et quoi faire ????, quand les collègues ronchonnent pour les mêmes choses que vous et quand les réunions arrivent plus personnes. tout le monde s'écrase de peur de perdre son boulot...

    • boujour
      je me reconnait totalement dans votre temoignage, l' essence paye une misere, les trajets pas remuneres, toujours fais en sorte d' avoir des grandes pauses entre 2 clients comme ca encore du temps de perdu, non paye
      moi aussi j' ai des enfants et c' ets vraiment complique pour l' obtention des plannings comme vous dites 2 jours avant le debut de mois voir la veille
      c' ets exactement les memes problemes que moi que vous decrives? peut etre la meme entreprise concernee bizzare
      j' ai vraiment l' impression d' etre mene par le bout du nez
      je vous dit peut etre a plus tard, je repredndrai le fils des evenements apres

    • Bien parler tout le monde s'écrase je suis assistante de vie depuis 8 ans et je suis en cdi depuis 2011 jai un contrat de 145h par mois a 9,67 donc le smic 1000e par mois il faut bouger c'est une honte meme pas l'ancienneté est prise en compte y en na marre aller tous Solidaire il faut faire bouger les choses

  7. Il faudrait vraiment se regrouper pour faire changer les choses
    Nous avons les plannings du week end le vendredi soir avant la fermrture du bureau par sms comme ca on ne peut pas refuser un remplacement
    On est sous paye
    Il faudrait presque payer de notre poche
    Aucune consideration ni de l association ni des beneficiaires ni des familles
    Bref je veux etre licenciee mais meme cela ca ne fonctionne pas
    Je ne veux pas demissionner
    Je deconseille ce metier
    On est les esclaves des temps modernes

  8. oui un métier très difficile moralement et physiquement 20 ans d'aide à domicile .
    Le plus souvent se sont les enfants les plus pénibles qui vous prennent pour la bonne à tout faire !
    monter des étagères , balayer des garages nettoyer les greniers . Tout le monde se casse en vacances alors que vous avez programmées les votres depuis 6 mois . Je met en place un remplacement avec une étudiante mais cela ne va toujours pas l'horaire décalé d'une demi heure par rapport au mien dérange les enfants !
    au secours !!!
    Je pense à toutes mes collègues qui vivent les mêmes situations . Comment se faire comprendre
    l'aide à domicile s'est avant tout apporter du bien être aux personnes âgées . Apporter du soutien moral pour une fin de vie sereine et digne . C'est avant tout les garder propre sur eux avoir un lit qui sent bon des sanitaires propres manger dans de la vaisselle propre un frigo propre avoir une alimentation simple mais de bonne qualité
    prendre le temps de les écouter et de s'enrichir de leur vécu . Les emmener dans des endroits qu'ils aiment dans la limite de leur mobilité au diable si l'argenterie ne rutile plus !!!
    ceci dit j'aime mon travail et je ne me vois pas faire autre chose

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