Que préférez-vous un cocktail citron orange ou un diabolo grenadine ?

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” Sur chaque site nous lisons tous avec énormément d’intérêt informations, conseils, adresses, forum. Comme si seul la gravité de ton était de mise. Ce que j’avais pensé construire c’est une ère de décompression qui parlerait de nos vies au quotidien d’une façon très pragmatique, des choses potentiellement faciles à faire dans nos vies d’aidant. Un peu de légèreté Il me semble que chacun aurait vu avec plaisir la petite note de joie d’un billet d’humeur.”

Billet d’humeur d’octobre 2011

Que préférez-vous un cocktail citron orange ou un diabolo grenadine ?
La mission d’aidant est du plus vaste registre.
Pourquoi ?
Parce que vous êtes aussi investi d’une mission de « relation publique ».

Concrètement votre rôle est de rouler du tambour et de crier sur les toits pour réveiller la famille : « Oyez ! Oyez ! Quand venez-vous voir Mamie ? »
Question directe sans explication fébrile, ni injonction suppliante, ni catastrophisme ambiant…
Je sais comme si vous n’aviez rien d’autre à faire : traiter des évidences.

Vous téléphonez pendant une heure à tout votre agenda.
Chacun est débordé dans son coin : les enfants à amener au conservatoire, à la gym, les courses, le ménage, le cinéma.
Pour le travail tout le monde rentre tard.
Le week-end propice à la détente est empiété par les actions non bouclées pendant la semaine.
Pas simple de se frayer un chemin dans de pareils agendas pour le plus grand bonheur de Mamie.
La cause est belle alors vous êtes motivée.
Vous essuyez des refus cuisants, vous êtes jetée par-dessus les toits à coup de « On veut bien voir Mamie mais on n’a pas le temps ! ».
Vous paraissez être une empêcheuse de tourner en rond.

Gardons la tête froide.

Il faut faire la part des choses : celles sur lesquelles vous pouvez agir et les autres qui ne dépendent pas du tout de vous…. Là il faut travailler l’acceptation.
« Il ne faut jamais reporter une visite à plus tard. La vie est si fragile. »
Mais un combattant de vie ne sombre pas sous des « refus ».
Un aidant doit repartir bredouille sans soulever de polémiques ou fâcheries.

Prenons la distanciation nécessaire pour rester fort.

Accepter d’avoir perdu une bataille mais pas le combat !
On ne peut pas toujours faire fléchir les autres même à une noble cause qui les concerne directement.
L’écueil  : cristalliser les refus dans le sable mouvant de la rancœur.

Il faut rebondir tout de suite vers d’autres actions constructives…

Heureusement un aidant prend tout son temps pour l’être cher…

Le plus extraordinaire : toute la famille pense mordicus qu’il est légitime que vous preniez en charge toute la vie de Mamie.
Dans leur esprit vous êtes disponible, vous n’avez rien à faire…
Vous êtes le seul être de toute la région à avoir du temps à profusion.
L’aidé isolé de fait par une maladie invalidante doit être intégré, immergé dans le contexte familial le plus étendu possible.
Vos amis sollicités aussi viendront rendre des visites charmantes à votre aidé.

Périodiquement relancer la famille pour « venir voir Mamie ».
Vous devez rester inconditionnellement un rassembleur et penser qu’une réponse négative d’hier peut évoluer vers un oui « nous arrivons demain »…
Sans cet état d’esprit vous ne lutteriez plus.
Mais l’abandon d’une bataille n’est pas dans votre registre d’aidant.

Enfin en attendant avec patience la venue de la famille, demandez à chacun quand ils appellent Mamie d’avoir une batterie chargée, et un forfait suffisant pour tenir une vraie conversation.
Par la même occasion demandez leur de supprimer le répondeur ….
Cette lutte est pour le bonheur de l’aidé donc aucun effort n’est minimisé.
Votre courage lié à votre détermination feront des merveilles.
Ne jamais se décourager voilà le mot d’ordre même si parfois tout s’y prête.
Il faut faire un « drop » comme au rugby ! et on continue toujours plus motivée que jamais.

Au fil du temps être aidant c’est devenir surtout un passeur d’amour.

Cultivez votre si joli sourire et sortez votre aidé le plus souvent possible pour le mêler aux autres.
Bonnes semaines à tous mes chers amis.

Bonnes semaines à tous mes chers amis.

A bientôt chez Charlotte !

Article rédigé par Michèle Clary

6 Commentaires

  1. En effet, on ne prend pas suffisamment de temps pour s'occuper de nos proches, emportés dans le tourbillon de la vie.
    Je vais faire des efforts, promis !

  2. Superbe article encore une fois Michèle Charlotte! Peu de commentaires et pourtant cela nous aide beaucoup. Encore Bravo !

  3. Superbe article encore une fois Michèle Charlotte! Peu de commentaires et pourtant cela nous aide beaucoup. Encore Bravo !

  4. Je lis votre rubrique depuis le début. Les commentaires je n'aime pas trop . Mais là je dois vous avouer que votre démarche est particulièrement intéressante pour nous encourager ! Ne pas baisser les bras devant la famille ! MERCI votre texte qui donne à réfléchir qu'il faut s'orienter paix et ne pas tomber dans les disputes sans fin! Vos mots légers malgré la gravité du propos m'arrêtent vers un terrain glissant que j'empruntais...Vous êtes notre petit rayon de soleil mensuel. Merci pour votre joie généreuse que vous faites partager.

  5. que dire ?
    une très grande émotion en te lisant
    une sacrée leçon de vie que tu nous fais là
    une fois de plus je suis "scotchée" à mon fauteuil
    et ce fauteuil, je sais qu il faudra l abandonner pour être efficace pour les autres quand le moment sera venu
    je me répète : chapô les aidants

  6. Bravo encore une belle leçon avec toujours cette bonne humeur qui te caractérise.
    Et une vision toujours aussi exacte de la fonction des aidants qui doivent souvent jongler avec le reste de la famille pour leur faire admettre qu Mamie elle aussi a besoin d'écoute et d'aide.
    Continue Michèle c'est tellement rafraîchissant...

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