Christine a connu les satisfactions et les difficultés rencontrées par tout aidant familial. Elle parle de présence, de responsabilité, de reconnaissance et de Micheline, qu’elle accompagne …

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Depuis des années au côté de sa belle-mère, Christine a connu les satisfactions et les difficultés rencontrées par tout aidant familial. Elle parle de présence, de responsabilité, de reconnaissance et de Micheline, qu’elle accompagne…

« Comme moi, Micheline était mère au foyer et maman de 4 enfants. Avec leur départ, la perte d’autonomie de son mari et une maman tutoyant le siècle, elle s’est peu à peu isolée. Au décès de son époux, suivi par celui de sa maman, elle s’est retrouvée désœuvrée et physiquement éprouvée. Nous allions la voir pour les fêtes. Elle donnait le change car il y avait du monde. Nous mettions les oublis et négligences sur le compte de la solitude. Moi qui la connaissais coquette, j’étais inquiète. Ses enfants fermaient un peu les yeux, ce que je peux comprendre.
C’est difficile de porter un regard lucide sur ses parents ! »

Présence

« C’est une lettre recommandée du médecin qui nous a définitivement alertés. Il évoquait des signes de maladie d’Alzheimer. Nous avons fait venir Micheline pour des examens et elle est restée. Nous avons tenu un an… La maison n’était pas conçue pour accueillir une personne de plus. Nous n’avions plus assez d’intimité et la famille s’est usée. Nous l’avons donc installée dans un appartement avec le passage d’aidants professionnels. J’y allais deux fois par jour pour vérifier la prise de médicaments, notre plus grande source d’inquiétude. J’étais sa dame de compagnie, un visage familier. »
A raison de deux à trois heures quotidiennes, Christine assumait son rôle et préservait l’équilibre familial. Avec l’évolution de la maladie, une entrée en maison de retraite a été décidée. Christine est à présent l’interlocuteur privilégié du personnel soignant.
« Elle est dans un environnement sécurisé et elle a retrouvé un rythme jour/nuit. J’essaie de préserver des rendez-vous à l’extérieur, le coiffeur par exemple. Nous continuons tant que nous le pouvons de la recevoir le dimanche à la maison. J’ai le sentiment d’avoir cinq enfants dont je me sens responsable. »

Responsabilité et reconnaissance

« Quand j’ai proposé d’accueillir ma belle-mère, cela répondait à un devoir. Je reproduis un exemple familial. J’ai un frère handicapé et mes parents m’ont transmis cette responsabilité que nous avons envers lui. Ils sont encore plein d’énergie mais le jour où ils ne pourront plus l’accompagner, je prendrai le relais. Mes enfants participent aussi à l’entraide familiale. Ils feront ce qu’ils veulent de cette expérience mais elle reste un acquis. Et puis, n’ayons pas peur de le dire, pour moi qui suis croyante, c’est une manière de vivre ma foi ». Christine reconnaît cependant qu’elle éprouve un besoin de reconnaissance.
« Dans les moments d’abattement, j’apprécierais de recevoir des encouragements. Ceux qui sont loin ne réalisent pas toujours ce qui se vit ici. Ils se sentent dessaisis alors qu’ils pourraient s’investir autrement. J’ai aussi ressenti ce manque de reconnaissance de la part de Micheline. Une neurologue m’avait dit que ce rôle n’appelait pas de retour.»
Il requiert pourtant beaucoup d’assise psychologique et mérite d’être valorisé.
Christine sourit, les yeux animés par les souvenirs partagés…

« Nous sortions de chez le médecin. Au moment de le saluer, Micheline lui a dit en me regardant qu’heureusement elle avait sa mère… Cela m’a fait un drôle d’effet. »

Une forme de reconnaissance, non ?

Témoignage recueilli par Nathalie Cuvelier, Webinage

Un commentaire

  1. magnifique et émouvant témoignage. BRAVO.
    c'est ce que l'on appelle un don de soi. Merci pour Micheline.

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