L’une (Simone) a un enfant sourd (Loïc, 10 ans), l’autre (Sandrine) a un mari aveugle

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L’une (Simone) a un enfant sourd (Loïc, 10 ans), l’autre (Sandrine) a un mari aveugle

Salut Simone!

Bientôt la rentrée de Loïc ! Vous devez être impatients et peut-être un peu inquiets ?… Je suis sure que tout se passera pour le mieux ! Loïc sera dans un endroit fait pour lui et pourra s’épanouir! Attention, la chrysalide sort du cocon !!!

J’ai besoin d’un service, Simone.
La responsable de la rubrique “handicap” me demande un article sur la rentrée scolaire d’un enfant en situation de handicap vécue par sa mère ou son père.

Est-ce que toi ou Michel vous vous sentez d’écrire un petit article ? Environ 250 mots…

Je vous bisouille tous,

Sandrine

* * * * * * *

Salut ma belle

Voilà la réaction à chaud sur mes sentiments de maman. Je n’en oublie pas moins ceux du papa et du grand frère…

La rentrée de Loïc s’est faite hier, lundi 3 septembre, dans une nouvelle école. Cette fois-ci, c’est un internat que nous avons choisi depuis 1 an. Je veux dire que Loïc a choisi… Loïc savait qu’il allait dormir la semaine en internat, qu’il nous verrait le week-end…

Voilà la journée du lundi 3 septembre :

– Tous levés à 05 heure du matin (Loïc, Lucas, Michel et moi), petit déjeuner, petite nuit pour Loïc avec toujours autant de gaieté d’aller à l’école de Jarville la Malgrange; (institut pour sourds) près de Nancy

– 06h départ de la maison j’ai une boule au ventre et une nervosité que je cache du mieux que possible, une bonne humeur règne dans la voiture arrivée à 07h45

– Préparation de la chambre et discussion avec les éducatrices qui était là pour nous rassurer

-10h00 rentrée des classes. Les profs font l’appel. Loïc, toujours heureux, s’en va en nous faisant signe de la main…

Alors, à ce moment, je sentis comme un couteau me transpercer mais aucune larme ne vint couler sur mon visage. Par contre je vis sur le visage de Michel que les siennes n’étaient pas loin de tomber.
Lucas était bien ; il était content que son frère puisse apprendre correctement la LSF.

Nous sommes repartis à la maison (1h30 de route) avec cette impression d’avoir oublié quelqu’un, d’un silence qui fait peur. Ou bien quelques paroles échangées disant que l’on a bien fait, que Loïc sera bien, qu’il aura des profs signants, que l’on se soulage avec des phrases qui ne veulent rien dire…A-t-on bien fait ??? On se dit que oui…

A vrai dire, il n’y avait pas vraiment le choix de garder son petit bout de chou près de soi. Il n’y a pas d’AVS qui parle le langage des signes. Il faut savoir que sur 7 années d’école, Loïc a eu pendant 1 année une AVS signante. C’est une honte !!!

Voilà, nous sommes à la maison, je tourne en rond. Bref, la journée fut longue et à 20h00 je téléphone à l’internat pour avoir des nouvelles de Loïc. Boum. Elles ne sont pas très bonnes :
– pendant la classe Loïc a baissé son pantalon et son slip, il était donc cul nu devant toute la classe
(il est seul et ne connait personne ; il a perdu tous ses repères car tout est neuf pour lui)
– il n’a rien voulu mangé à la cantine le midi et a vomi 2 fois ; il a été à l’infirmerie pour avoir un Spasfon
( Loïc est compliqué pour manger. Cela je le savais mais j’ai dit à l’éducatrice de ne pas lui donner de Spasfon car Loïc vomit facilement sans avoir de douleur. Bien au contraire, cela le soulage…)
– le soir il n’a rien voulu manger non plus et il est parti se coucher et s’est endormi tout de suite à 19h30.
(exploit pour lui car Loïc met trois plombes pour s’endormir. Il a du être exténué.)

Voilà les nouvelles. J’ai pleuré, certes, et je suis là sans pouvoir l’aider. C’est dur. J’attends ce soir pour les prochaines nouvelles, en sachant que pour mon trésor de Loïc cela sera dur.

C’est très dur de laisser partir son enfant qui est si petit, et avec le handicap, loin de l’amour qu’on lui donne, des câlins, de la motivation…

Demande voir à une maman de faire ce choix : soit de mettre son garçon à l’école du quartier, soit de le mettre en internat !

Je dois te laisser, j’ai quelqu’un à la porte.
Téléphone moi ce soir si tu veux.
Gros bisous

Simone

* * * * * * *

Je suis désolée.

Je ne sais pas quoi dire et j’ai peur de dire de fâcheuses banalités, voire d’être maladroite…

En tout cas, j’ai bien conscience que vous vivez tous les 4 une épreuve. Je pense bien fort à vous 4.

En tout cas, merci d’accepter de partager cela avec moi et surtout pour Aidant attitude. D’autres personnes se sentiront moins seuls grâce à ton témoignage.

La maman de JF a vécu les mêmes choses quand elle a mis son fils en internat à l’âge de 6 ans. Et il y a trois ans, sa soeur pleurait lorsqu’elle m’en reparlait. C’était il y a 35 ans…

Quand je demande à JF ce qu’il pense de cette période de sa vie, il est catégorique: ce fut un bonheur et une condition sine qua non à son intégration dans le milieu ordinaire car lui permettant d’acquérir des bases lui permettant d’être sur un pied d’égalité, égalité qu’il ne ressentait pas comme telle auparavant.

Mais chaque enfant est différent… Nous ne pouvons donc pas tirer de règles générales et devons être attentifs aux émotions de nos protégés…

Je t’embrasse tendrement,

Sandrine

Article rédigé par Sandrine Damez

Un commentaire

  1. Bonjour,
    merci pour votre touchant témoignage! Comment votre fils s'adapte-t-il à sa nouvelle école (et internat) après 3 semaines de classe?
    Bon courage pour les longues semaines loin de lui. ..

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