Vous avez le sentiment d’être le seul à agir pour votre proche en situation de handicap ou de maladie invalidante ? Vous avez l’impression qu’aucun des membres de la famille ne s’investit autant que vous ?

dreamstime_xs_9399426-300x200

Vous avez le sentiment d’être le seul à agir pour votre proche en situation de handicap ou de maladie invalidante ? Vous avez l’impression qu’aucun des membres de la famille ne s’investit autant que vous ?

C’est un peu ce qui m’est arrivé quand j’ai sollicité l’aide de ma belle-sœur, il y a quelques mois de cela. Je devais m’absenter plusieurs jours pour des raisons professionnelles et je laissais donc à la maison ma fille de 3 ans et mon mari aveugle. Autant dire que chacun faisait confiance aux deux autres mais que cela ne nous empêchait pas de nous dire qu’il allait y avoir quelques difficultés à surmonter… Et pour aider mes deux amours dans tout ce qui est soucis « techniques », je demandais à ma belle-sœur si elle accepterait de passer le dimanche avec eux. Marché conclu !

Rendez-vous pris le dimanche à 12h30 pour un déjeuner familial, et en mon entière absence ! Au menu : frites maison et barbecue, le tout concocté par mon cher et tendre. Si ! Si !

Quand on est aveugle (en tout cas mon mari est comme cela), il est nécessaire que tout soit programmé, organisé, planifié et que l’on ne sorte pas des sentiers battus. Mon mari attendait sa sœur et sa famille pour manger à 12h30. Ils sont arrivés à 13h45. Le repas était plus que cuit et notre fille plus qu’affamée ! Mon mari, à la limite de l’apoplexie tellement la colère l’étouffait, notre fille en larmes de sentir son père si mal, me téléphonèrent trois fois pour me dire que la tata n’arrivait toujours pas. Et moi, impuissante, j’essayais de rassurer mes amours à chacun de leurs appels.

Rien de grave ne s’était passé (Dieu merci !) du côté de ma belle-sœur. Mais celle-ci, peu habituée (pour ne pas dire plus du tout habituée) à la vie avec une personne aveugle, en a oublié les règles élémentaires du besoin d’une personne déficiente visuelle. Ce n’était pas un manque de respect ou de considération… Simplement l’oubli que son frère ne voit pas et que cela constitue un handicap (ce que l’on peut aisément oublier lorsque l’on sait qu’un repas comme celui-ci nous attend). L’inattendu, la surprise obligent à une grande adaptabilité dont mon mari ne manque pas mais qui le fatigue énormément, tant physiquement que nerveusement. Nous aussi, personnes valides, devons nous adapter au monde des personnes en situation de handicap afin de réduire la part de handicap…

Vous souhaiteriez que d’autre(s) membre(s) de la famille se sente(nt) davantage concerné(s) ?

Tout le monde ne peut pas s’investir de la même façon dans une relation. La loi oblige à un minimum d’attentions à l’autre mais au-delà de l’aspect purement matériel, une relation est quelque chose d’unique qui se tisse au fil des années et qui engage émotions, affectivité… Le lien que vous avez avec votre proche est un lien tout à fait singulier, reflet d’une histoire personnelle. Il est impossible de demander à une autre personne de se mettre dans la situation dans laquelle vous avez accepté / choisi de vous mettre et / ou de s’investir de la manière dont vous vous investissez.

Le sentiment n’est pas quelque chose de quantifiable. Vous ne pouvez pas imposer aux autres des liens qui ne vous appartiennent pas. Si vous vous sentez seul alors profitez pleinement de la personne dont vous prenez soin car vous êtes effectivement le seul à avoir ce lien particulier avec votre aidé. Si cette attention à l’autre devient pour vous tension, c’est que vous portez trop de choses sur vos épaules. Une aide est alors nécessaire. N’hésitez pas à vous tourner alors vers les aidants professionnels, les bénévoles d’associations, les voisins de la personne aidée…

Vous n’êtes pas seul. Rappelez-vous en ! Mais l’aide doit rester un choix et non une obligation, et elle se vit dans toute son unicité, entre deux personnes singulières. N’allez pas au-delà de vos limites. Et n’imposez pas aux autres des choses que, de toute façon, ils ne se sentent pas capables de faire.

Et en cas de soucis, l’équipe d’Aidant attitude est là pour vous.

Article redigé par Sandrine Damez

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs requis sont signalés par des *