Dans l’introduction de son récit, Nadine parlait du temps nécessaire pour accepter la maladie d'Alzheimer et de la difficulté de certains choix… La vie en structure a été un terrible bouleversement dans la vie de maman.

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Dans l’introduction de son récit, Nadine parlait du temps nécessaire pour accepter la maladie d’Alzheimer et de la difficulté de certains choix…

Lire la première partie du témoignage

La vie en structure a été un terrible bouleversement dans la vie de maman.
Elle qui était toujours de bonne humeur, prête à faire plaisir aux autres
Elle qui trouvait toujours des choses à faire pendant ces courts moments de répit
Elle qui aimait cuisiner, coudre, tricoter, jouer aux cartes entre amis
Elle qui adorait par-dessus tout la musique polonaise… Et danser en amoureux avec papa.
Elle qui, du jour au lendemain, a perdu ses repères…

D’actrice, elle est devenue spectatrice de sa vie. Elle s’est retrouvée entourée de personnes inconnues, plus ou moins valides, et d’un personnel soignant maître de ses jours et de ses nuits. Elle donnait l’impression d’être l’ombre d’elle-même. Elle passait son temps à longer les couloirs, d’une fenêtre à l’autre en attendant que j’apparaisse. Comment voulez vous que je ne me sois pas sentie coupable les premiers mois de lui avoir volé une part de sa vie ? Je n’avais, hélas, pas le choix.

Peu à peu, maman a fini par se faire des amis. Elle a pris l’habitude de participer aux activités de l’après-midi (loto, atelier peinture, atelier mémoire …). Elle descendait à la salle à manger avant l’heure du repas pour mettre la table. Elle allait même chercher des résidents en fauteuil roulant pour les emmener à la salle à manger. Elle était l’une des rares personnes valides. Tous les mois, le foyer organisait un goûter d’anniversaires avec deux musiciens, Maman était toute excitée à l’idée de danser.

Mais la maladie a continué à s’emparer d’elle. Elle est devenue solitaire, refusant de participer aux animations. Je pense qu’elle se rendait compte que son état se dégradait. Elle est devenue agressive verbalement envers tout le monde, moi y compris. Elle s’est mise à se braquer, à bouder, à pleurer. Elle avait des hallucinations et elle était en colère lorsqu’on la contrariait. Je ne savais plus comment réagir, je ne la reconnaissais plus. Il fallait que je trouve quelque chose pour retrouver une part d’elle. J’avais bien des idées mais je voulais avoir l’avis de personnes plus compétentes que moi. Je me suis donc adressée au corps médical et, là, à ma grande surprise, j’ai eu des avis totalement contraires.

J’ai donc décidé d’écouter mon cœur…

Récit de Nadine recueilli par Nathalie Cuvelier, Webinage

Lire la troisième partie de ce récit en 4 parties.

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