Dans une précédente partie de son récit, Nadine décidait d’écouter l’intelligence de son cœur…

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Dans une précédente partie de son récit, Nadine décidait d’écouter l’intelligence de son cœur…

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Lire la deuxième partie du témoignage

« J’ai donc demandé à maman ce qui lui ferait plaisir et, à ma grande surprise, elle m’a répondu qu’elle voulait de la laine pour faire des pompons, des crayons de couleur et des albums de coloriage. Le lendemain, je suis arrivée avec le matériel sous le bras. Maman était contente et a immédiatement voulu commencer son travail. Elle s’appliquait à colorier et me montrait son chef d’œuvre terminé, fière d’avoir su colorier sans dépasser. Est-ce que je devais l’encourager au risque de l’infantiliser ? Lui expliquer qu’il est anormal de faire du coloriage à 80 ans ? Mais au fond, qu’est-ce qui est normal ? Beaucoup de questions trottaient dans ma tête et j’avais beau retourner la situation dans tous les sens je ne trouvais pas de réponse. Désemparée à nouveau…

Puis je me suis dit que l’essentiel à mes yeux était de la voir heureuse…

A chacune de mes visites, j’essayais de lui faire travailler sa mémoire en regardant les nombreux albums de photos anciennes qu’elle possède. C’est là qu’elle me racontait les anecdotes du temps passé, me citant les moindres détails, sa mémoire intacte. On riait de tout et de rien. J’essayais de lui trouver d’autres centres d’intérêt en écoutant de la musique polonaise. Là, maman rayonnait. Elle sifflait, chantait, se mettait à danser et je me prenais à son jeu. On dansait des polkas toutes les deux dans sa chambre. Même les aides soignantes qui passaient régulièrement entraient dans la danse.

Hélas, ces moments de connivence ont été de courte durée. Son état s’est à nouveau dégradé. Du jour au lendemain, on a dû lui imposer des protections car elle ne savait plus se contrôler. Ce passage obligé a été une source d’angoisse et d’humiliation pour maman et de grande peine pour moi. Comment accepter que celle qui m’a accompagnée dans l’apprentissage de la propreté, de la parole et des valeurs qui m’animent en soit réduite à porter des couches ? Maman s’est repliée sur elle-même…

L’étincelle dans ses yeux a disparu…

Un jour, je suis arrivée dans sa chambre et je l’ai retrouvée recroquevillée dans son fauteuil avec une peluche dans les bras. Elle n’a pas remarqué ma présence et je l’ai entendu se confier à cette peluche. Lorsqu’elle m’a vue, elle m’a présenté cette peluche comme étant « son chien », celui qu’elle avait dans « son autre maison », la maison de son enfance. D’abord choquée, je n’ai pas su réagir. J’ai essayé de lui expliquer qu’il s’agissait d’une peluche mais maman refusait mon explication et me demandait pourquoi j’étais si méchante…Désormais elle se promène avec lui, passe son temps à le cajoler, le coiffer, le nourrir enfin tout ce qu’on peut faire avec son animal de compagnie . Elle le prend même aux repas et devient agressive envers les autres résidents qui se moquent d’elle.

Cette peluche est devenue son « doudou » qui l’accompagne et la rassure…

Récit de Nadine recueilli par Nathalie Cuvelier, Webinage

Lire la quatrième partie de ce récit en 4 parties.

Un commentaire

  1. Très émouvant
    En effet , que faire d'autre que d'accueillir et aimer
    Amitiés

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