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Après Breathing Lessons, un court métrage sorti en 1997 et récompensé par un Oscar, la version longue de la vie de Mark’O’Brien, inspirée du roman autobiographique On Seeing a Sex Surrogate est à nouveau racontée dans The Sessions.

“Homme, 38 ans, cherche femme pour relation amoureuse, et plus si affinités. En revanche paralysé… Amatrices de promenade sur la plage s’abstenir…”. C’est ainsi que l’histoire vraie de ce poète commence. Atteint de poliomyélite, Mark est paralysé des bras et des jambes depuis l’âge de 7 ans et dépend d’un poumon en acier pour respirer. Et pendant une heure et demie, le spectateur aussi est handicapé. Il se met à la place de Mark, se tord le coup pour être en position horizontale et est paralysé juste le temps du film. On découvre sa vie quotidienne, ses auxiliaires de vie, sa façon de lire, d’écrire, de manger et de dormir. Le film continue, Mark, décidé à perdre sa virginité, fait appel à une thérapeute sexuelle Cheryl Cohen-Green jouée par Helen Hunt, et de là s’enchainent scènes de lit où il s’initie au sexe et scènes de confession à son prêtre William H. Macy.

Tourné avec pudeur et sans équivoque, The Sessions est un film honnête qui démontre bien la différence entre assistance sexuelle et prostitution. Et c’est d’ailleurs la grande question qu’on se pose en regardant le film  : «  Les personnes handicapées devraient-elles se  faire  aider  de professionnels spécialisés pour accéder au plaisir et à leur sexualité ?  » La réponse est oui, elles devraient. Si les Etats-Unis n’ont pas toujours tout bon, ils sont vraiment avancés sur la question du handicap et de la sexualité. Les assistants sexuels sont légaux aux Etats-Unis depuis les années 1980 et depuis les années 1990 dans certains pays d’Europe comme les Pays Bas, le Danemark, l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique et l’Italie. Mais en France, la question est taboue. Aucun responsable politique ne semble disposer à défendre cette cause. Et pourtant, de plus en plus de films sur le sujet sont sortis ces dernières années  et aucun ne leur a mis la puce à l’oreille : Nationale 7 en 2000 qui traite d’une personne souffrant de myopathie et Hasta la vista qui traite de trois jeunes handicapés moteurs. Il serait peut-être temps pour les politiques de se réveiller et d’offrir enfin aux handicapés un droit à la sexualité.

Anne Laure Mignon

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