Que vouloir après plusieurs années à se battre contre une maladie impitoyable ? Probablement de l’amour, se sentir aimé, entouré, et souffrir le moins possible physiquement.

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Angelo Merendino, photographe décide de publier les photos du combat de sa femme, Jennifer contre le cancer du sein. Elle est morte à 40 ans, le 22 décembre 2011. Et c’est le jour de la fête des mères, en couverture du magazine Polka, que ses images ont été publiées. Elles m’ont tout de suite fait penser à ma mère, disparue à 61 ans, elle aussi, atteinte d’un cancer du sein.

On m’avait dit « tu verras tu ne conserveras que les meilleurs moments avec ta maman ». Vrai ! Mais certaines images marquantes sont toujours difficiles à supporter lorsque la souffrance vient dévaster le corps et la beauté d’une si jolie femme. Les quelques lignes qui suivent se veulent avant tout porteuse d’espoir et d’amour comme les photos d’Angelo.

Je me rappelle son visage creusé, son crâne comme rasé, sa maigreur cadavérique et ses mains crispées.

Je me rappelle aussi ses yeux tristes, son regard fixe, dans un ailleurs inconnu et sombre, sa détresse face à une fin douloureuse.

Je me rappelle aussi mon désarroi. J’avais 34 ans et j’ignorais tout du combat final contre sa maladie.

Je découvrais en spectateur l’impossibilité pour mon père d’admettre les faits, d’accepter le départ d’un amour de plus de 40 années. Ma mère est morte dans de grandes souffrances, seule malgré les apparences, étouffée par la douleur, mais toujours courageuse et digne.

J’aurais voulu une fin plus joyeuse et accompagnée. Quand je parcours les photos de Jennifer il y en a une qui me fait sourire, celle où plusieurs proches se penchent sur elle pour l”embrasser en souriant.

Que vouloir après plusieurs années à se battre contre une maladie impitoyable ? Probablement de l’amour, se sentir aimé, entouré, et ainsi de souffrir le moins possible physiquement.

L’essentiel bien invisible pour nos yeux, pour citer Antoine de Saint Exupéry, jaillit en regardant les belles photos de Jennifer, comme un message universel pour ceux et celles d’entre nous qui vivent ou se savent mourir : l’amour de la vie, l’amour des autres.

Il y a aussi un lit vide, après la mort, et un sentiment de solitude pour l’aidant, qui ne peut se surmonter que si l’on a aimé et que l’on continue d’aimer.

Voir les photos de Jennifer et Angelo

Pierre Denis

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