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La Maison d’Hélène, c’est un lieu unique en France, une « maison de vie » qui accueille des personnes malades du cancer et leurs proches loin de l’ambiance médicalisée des hôpitaux. A l’origine de cette belle aventure humaine, Hélène Cousin, atteinte d’un cancer, aujourd’hui décédée. Elle avait trouvé dans le cadre champêtre de cette maison de famille située en Bourgogne un espace de répit où, entourée de ses amies, elle pouvait être Hélène.

Sandrine, bénévole de la première heure, très impliquée depuis dans l’association Cap Saint-Martin (1), revient sur les motivations d’Hélène. « Hélène n’existait plus chez elle ou à l’hôpital, elle était la maman malade ou une patiente comme une autre. L’oncologue soigne des cellules cancéreuses mais pas les mille et un bobos au corps et à l’âme qu’elles provoquent. »

Alors, dans un rayon d’un bonne cinquantaine de kilomètres, on vient les mercredis et jeudis après-midi à la Maison d’Hélène exprimer ce que l’on ne peut pas exprimer ailleurs, on vient apaiser ses pensées et se réconcilier avec un corps mis à mal par les traitements. « Nous ne faisons pas d’accompagnement thérapeutique ou de fin de vie même si nous restons aux côtés des personnes le plus longtemps possible quitte à nous déplacer chez elles. Nous leur apportons une écoute, une disponibilité et du bien-être (2) pour les aider à traverser la maladie, à garder le moral, ce qui influe beaucoup sur le succès des traitements. C’est un endroit festif et joyeux où les échanges sont très vrais. »

Le droit à la vulnérabilité

Agnès a 50 ans, elle n’est pas malade mais son mari l’est depuis cinq ans, avec des effets secondaires très lourds. Depuis 2015, elle vient le mercredi, son mari le jeudi. « Je viens chercher du réconfort, des réserves d’énergie et un peu de sérénité. Je suis passée par beaucoup de colère, de chagrin, de tristesse, de renoncements aussi. J’ai trouvé ici un endroit où j’ai le droit d’être vulnérable et de me plaindre sans peur d’être jugée, quelle que soit mon émotion du moment. Nos familles ne peuvent pas comprendre ce que nous vivons au quotidien alors qu’ici le partage est facile. Grâce aux massages et à la sophrologie, je réussis à évacuer beaucoup de tensions et à repartir pour une semaine. » Parmi ces tensions, Agnès ne cache pas celles que la maladie provoque dans le couple et elle reconnaît que leur prise en charge commune à la Maison d’Hélène est un vrai ballon d’oxygène qui leur fait du bien à tous les deux.

Le pouvoir de rire, aussi

Jocelyne a 61 ans. Après plusieurs cancers, elle a dû renoncer à un boulot dont elle était folle et elle suit actuellement une thérapie ciblée. « Je suis partie forte et la fleur au fusil. Je connaissais la maison d’Hélène mais pendant neuf mois j’ai fait front seule, ce qui était idiot. Aujourd’hui mon combat continue mais je ne pourrais plus me passer de tout ce que m’apporte cette maison de vie. Pourtant, je suis mariée, j’ai deux enfants et je suis très soutenue. Mais je veux protéger mes proches car c’est encore plus difficile pour eux. Je ne peux pas leur exprimer mes douleurs et mes peurs. Je culpabilise de leur infliger ma maladie. Quand j’y pense… Avant, j’avais une vie à moi, un boulot, des collègues. C’est dur de renoncer mais, malgré tout, j’ai une énorme envie de vivre. J’arrive abattue et, grâce à la sophrologie, la réflexologie et tout ce qui est dit ici, je repars ressourcée et remplie d’énergie. » Jocelyne apprécie particulièrement de pouvoir rire de tout à la Maison d’Hélène même de la maladie, ce qui ferait peur aux bien portants. Son mari, qui vient bénévolement donner des coups de main côté jardin, mesure le chemin parcouru par son épouse et le bénéfice de chaque journée dans ce lieu à part. « Au plus fort de ma maladie, j’oubliais de respirer. Ici, je respire à nouveau », confie Jocelyne.

Après ces témoignages d’Agnès et Jocelyne, la devise de la Maison d’Hélène ne vous surprendra pas : « Une pause, un sourire, ici, on ose l’avenir ». En parlant d’avenir, l’association Cap Saint-Martin est à la recherche de financements privés et publics pour racheter la Maison d’Hélène (3) et pérenniser ainsi la belle aventure humaine qu’elle abrite, grâce aux fidèles amis d’Hélène et aux professionnels et bénévoles qui les ont rejoints.

Un merci particulier à Agnès et Jocelyne pour leur témoignage.

Propos recueillis par N. Cuvelier

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(1) L’association Cap Saint-Martin gère les activités et les frais de fonctionnement de la Maison d’Hélène. Créée en 2008, elle compte aujourd’hui une trentaine de bénévoles et 220 membres. Près de 100 personnes sont accueillies chaque année.

(2) La Maison d’Hélène propose des massages, des soins esthétiques, de la sophrologie, de la réflexologie, du reiki… autant d’activités proposées par des professionnels.

(3) 200.000 €, c’est la somme nécessaire aux amis d’Hélène pour le rachat de la maison familiale. Tous les dons sont les bienvenus, l’association étant reconnue d’intérêt général, 66% de votre don est déductible de vos impôts.

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Vous souhaitez en savoir plus ?
Contactez Sandrine au 06 89 11 78 50.
Cap Saint Martin, 20 avenue de la forêt d’Othe, 89300 Joigny.
Maison d’Hélène, 13 route de Toucy, 89120 St Martin-sur-Ouanne.

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